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Affaire Huawai : nouveau scandale de corruption au Parlement européen
Le géant chinois de la tech a-t-il acheté des élus ?
Un nouveau scandale éclabousse le Parlement européen, impliquant Huawei, le géant chinois des télécommunications. L’entreprise est accusée d’avoir mis en place un système de corruption destiné à influencer la régulation européenne sur la 5G et les télécommunications.
Ecoutez l’analyse complète de Raphaël Audouard ci-dessous:
Une quinzaine de députés européens et plusieurs assistants parlementaires auraient reçu des paiements en espèces, des cadeaux somptueux et des voyages de luxe en échange de leur soutien. Des contrats fictifs auraient été signés sous couvert de missions de conseil, tandis que certains assistants parlementaires se voyaient proposer des postes lucratifs après leur passage au Parlement.
Des soupçons de corruption massive
L’objectif de Huawei était d’alléger les restrictions européennes sur ses équipements et d’influencer les décisions stratégiques de l’UE en matière de télécommunications. Des amendements favorables à l’entreprise auraient été directement rédigés par ses employés avant d’être déposés au Parlement par des députés.
Des sociétés-écrans auraient permis de dissimuler des financements occultes, tandis que d’anciens fonctionnaires européens jouaient les intermédiaires dans des groupes de lobbying proches du Parlement. Certains parlementaires auraient tenté de freiner les décisions visant à exclure Huawei des infrastructures critiques européennes.

crédit photo : TPG/Getty image
Quelles conséquences pour Huawei ?
L’entreprise chinoise risque une exclusion totale des futurs marchés européens et pourrait voir ses équipements 5G retirés de plusieurs États membres. L’UE envisage également de renforcer les restrictions sur les investissements chinois dans les infrastructures critiques.
De son côté, Huawei rejette fermement les accusations et dénonce une « chasse aux sorcières orchestrée par des concurrents occidentaux ». La firme affirme que ses contrats respectent le cadre légal et critique une volonté politique d’exclure la Chine des infrastructures technologiques de l’UE.
Un scandale qui rappelle le Qatargate
Ce dossier fait écho au Qatargate, où des sacs d’argent liquide avaient été retrouvés chez plusieurs eurodéputés, achetés par le Qatar pour influencer les décisions du Parlement. Cette nouvelle affaire met en lumière les failles systémiques du Parlement européen en matière de lobbying :
- Un manque de transparence sur les financements et les relations entre élus et entreprises
- Des règles trop permissives favorisant les contacts directs entre députés et groupes d’influence
- Des sanctions limitées rendant ces dérives fréquentes
Quelles réformes pour lutter contre la corruption ?
Ce scandale relance le débat sur la nécessité de réformes structurelles pour encadrer le lobbying et prévenir la corruption au Parlement européen. Parmi les pistes envisagées :
- Une déclaration obligatoire des contacts entre élus et lobbyistes
- Un registre public plus strict des financements politiques
- Des sanctions plus lourdes en cas de corruption
Au-delà de la question du lobbying, cette affaire met en évidence la dépendance technologique de l’Europe vis-à-vis de la Chine et pourrait accélérer la mise en place de nouvelles régulations sur les entreprises étrangères.
Reste à voir si cette affaire aboutira à des sanctions exemplaires, ou si, comme souvent par le passé, elle se soldera par une impunité.